Crédit photo de couverture : Kaitlyn Boychuk
Chaque automne, Dimitri prend le temps de se déconnecter des écrans et de s’entourer de la sérénité de l’escarpement du Niagara, dans le sud de l’Ontario.

Cette activité annuelle se poursuit depuis 12 ans. « À l’époque, j’étais encore à l’université et je passais beaucoup de temps à l’ordinateur et sur les bancs d’école », explique Dimitri. Pour s’en éloigner, il a organisé un voyage de camping avec des amis dans la péninsule Bruce, l’une des plus belles parties de l’escarpement.
Les prévisions météo annonçant de la pluie, les amis de Dimitri ont décidé de ne pas venir. Le voyage s’est alors transformé en une aventure en solitaire. « Ma décision de ne pas changer mes plans malgré l’annulation de mes amis s’est avérée être l’une des expériences les plus relaxantes que j’aie vécues depuis longtemps! »
D’explorateur de l’arrière-pays à protecteur du sentier Bruce
Dimitri a grandi dans des villes animées avant de déménager avec sa famille dans un quartier plus calme, tout juste à l’extérieur de Toronto. Le fait de vivre près d’une forêt et à deux pas d’un lac a fait naître en lui une profonde admiration pour la nature et la capacité de celle-ci à transformer complètement notre état d’esprit.
C’est pourquoi Dimitri éprouve une telle reconnaissance envers le sentier Bruce, le plus ancien et le plus long sentier pédestre balisé du Canada. Ce dernier unit les communautés à leur environnement local sur environ 900 kilomètres dans le sud de l’Ontario. « Le sentier Bruce est tellement vaste qu’au moins un de ses tronçons est facilement accessible de n’importe où », souligne Dimitri.

Pour Dimitri, le fait de pouvoir échapper à l’agitation de la ville et se retrouver dans la nature si près de chez lui a été un véritable cadeau. Il a voulu s’assurer que le sentier Bruce demeure accessible aux autres.
« Le temps que je passe à l’extérieur en pleine nature m’a incité à prendre soin de cet environnement, explique-t-il. D’ailleurs, si je peux aujourd’hui profiter de l’escarpement du Niagara, c’est parce que d’autres avant moi ont soutenu les efforts pour préserver le sentier Bruce en permanence. Je veux que ça continue et je veux y contribuer. »
Protéger un écosystème fragile
La Bruce Trail Conservancy (BTC) est l’une des plus grandes fiducies foncières de l’Ontario : elle veille sur plus de 21 000 acres de forêts, de milieux humides et de prairies le long de l’escarpement du Niagara, une biosphère mondiale de l’UNESCO. Mais même ce paysage emblématique doit faire face à la pression croissante de l’urbanisation, des espèces envahissantes et des effets du changement climatique.
Actuellement, seuls 72,1 % du sentier Bruce se trouvent sur des terres protégées de façon permanente. Outre les milliers d’hectares que la BTC protège à jamais, ce sentier reconnu mondialement traverse des parcs nationaux et provinciaux, des terres d’offices de protection de la nature ainsi que la propriété privée de centaines de propriétaires fonciers bienveillants. La BTC travaille avec ces partenaires pour assurer la pérennité du sentier, restaurer les zones écologiquement sensibles et offrir au public un accès gratuit aux bienfaits de la nature.

Bien que les efforts de la BTC pour protéger et gérer les terres vulnérables de l’escarpement du Niagara soient financés par des programmes des gouvernements fédéral et provincial, ils sont principalement soutenus par la générosité de personnes qui font des dons.
« Les gens sont surpris lorsque je leur dis que la Bruce Trail Conservancy provient de dons de particuliers et par testament », mentionne Marsha Russell, vice-présidente de la collecte de fonds à la BTC.
« Au début des années 1960, des citoyens inquiets ont entrepris de préserver l’escarpement du Niagara. Ils étaient convaincus que, s’ils balisaient un sentier et invitaient les gens à se rapprocher de la nature, des personnes se mobiliseraient pour le protéger. Ils avaient raison. Aujourd’hui, nous sommes en mesure de préserver les terres menacées et les espèces en péril et de restaurer les habitats fragiles grâce aux donateurs et aux bénévoles dévoués qui sont les véritables champions de la nature. »
Protéger la planète par la planification
C’est ici que Dimitri entre en jeu.
À seulement 32 ans, il a déjà pris la décision d’inclure quelques organismes de bienfaisance dans son testament, dont la BTC. Il se sent investi d’une responsabilité : prendre soin des lieux qui lui ont apporté tant de paix et faire sa part pour les protéger dans l’intérêt des autres.
« Mon don testamentaire à la Bruce Trail Conservancy me fait du bien. Je me suis officiellement engagé à tenir une promesse que je m’étais faite. Ma famille et mes amis sont au courant de mes intentions charitables et j’espère qu’ils réfléchiront aussi à cette possibilité. »
Dimitri savait depuis longtemps qu’il voulait inclure des organismes de bienfaisance dans son testament. Pour lui, c’est comme rêver à toutes les bonnes choses que l’on pourrait faire avec un gros lot. Il s’est rendu compte que sa succession représentera le plus gros montant d’argent en son pouvoir. Alors, pourquoi ne pas en remettre une partie à une cause importante?
Rien de plus simple! Il a commencé par réduire ses choix en optant pour des organismes de bienfaisance qui :
1. Ont eu un impact sur sa vie personnelle;
2. Servent des causes qui lui tiennent à cœur;
3. Remplissent leurs responsabilités fiscales;
4. Sont situés au Canada.
Il a ensuite désigné ces organismes dans son testament et attribué un pourcentage de sa succession à chacun.
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« Je trouvais qu’il était logique d’opter pour un pourcentage, notamment en raison de mon âge, explique Dimitri. Je ne peux pas prédire la valeur de ma succession, mais je m’attends à ce qu’elle s’accroisse. Et les dons vont se développer avec moi au fil du temps. Je suis jeune, mais je souhaite qu’ils représentent de bons montants. »
Laisser un héritage à votre terre chérie
Si le sentier Bruce existe aujourd’hui, c’est parce que des générations de personnes au Canada ont eu à cœur de le protéger. Des donateurs comme Dimitri perpétuent cet héritage en préservant les espaces naturels qui nous préservent.
Nous partageons tous cette même responsabilité. L’avenir de notre environnement dépend des personnes qui choisissent d’agir au quotidien, sans attendre que quelqu’un d’autre le fasse. Si vous avez déjà trouvé la paix dans une forêt, le long d’un littoral ou sur un sentier tranquille, vous comprenez déjà l’importance de cette responsabilité.

Topic: Témoignages de donateurs